Nous venons d'apprendre que nos camarades de l'USTKE Kanak avaient
été victimes de graves violences antisyndicales de la part de
l'armée française. En attendant la réaction de la Coordination de
Liaison Intersyndical des nations sans états sous domination françaises
(CLIS)
dont nous faisons parti avec nos camarades de l'USTKE nous
reprodusons leurs communiqué. Pour
plus d'infos :
http://www.ustke.org
Pour le SLB Morgane Cotten.
Conflit du Port.
LA REPRESSION VIOLENTE DES FORCES DE L'ORDRE CONTRE L'USTKE
Alors que les
discussions avaient repris avec le gouvernement pour trouver une solution au
conflit qui oppose l’USTKE à la MSC, l’Etat a envoyé ses forces répressives
sur les militants de l’organisation, arrêtant du même coup le Président
Gérard JODAR, le Vice-Président, Alain
BOEWA ainsi qu’une quinzaine
d’adhérents, le jeudi 8 Juin vers 13h30.
La violence avec laquelle les
gendarmes mobiles sont intervenus est digne
d’un film de guerre.
Après
s’être introduit dans le Port par voie maritime, les mobiles ont repoussés
les militants jusque dans la ville, n’hésitant pas à faire le ménage tout
autour d’eux. Un véritable vent de panique s’est emparé des passants qui
marchaient tranquillement dans la ville ou qui attendaient le bus près de
l’hôpital et qui ont été pour certain d’entre eux des cibles des forces de
l’ordre, ne sachant pas reconnaître les grévistes des passants.
Les
tirs de flashball à bout portant ont touché des militants regroupés
au carrefour de la Police Municipale. Une deuxième charge est
alors intervenue en plein centre ville, encore plus brutale que la première
et à nouveau des tirs incessants de flashball et de grenades se sont
fait
retentir vers la Cafat, dans la rue de la République et dans la rue
de l’Alma, blessant d’autres militants.
Appuyé par l’hélicoptère de la
gendarmerie, les forces de l’ordre ont menés simultanément des actions
musclées jusque dans l’enceinte de l’Hôpital, embarquant les grévistes
blessés qui y s’étaient rendus, dont le secrétaire général de la Fédération
Mines, Charles N’Gaiohny.
Jamais une telle violence n’avait été remarquée
depuis la période des évènements.
La voie de la violence qu’a choisie
l’Etat a été totalement disproportionnée par rapport au conflit qui était
entré dans sa troisième semaine et n’entravait pas les accès du Port. Les
médias ont joués un rôle déterminant dans l’intervention car depuis le début
du conflit, ils se sont positionnés dans le camp des opposants à l’USTKE, en
refusant systématiquement de relater objectivement l’information,
privilégiant à chaque fois les interviews de Mr Malmezac. Cela s’est encore
vérifié hier soir au journal télévisé.
L’autre élément et
peut-être le plus important qui a motivé, convaincu et conforté cette
intervention ont été les déclaration du FLNKS qui ne connaissant absolument
rien du problème ont demandé publiquement l’intervention de l’Etat pour
dégager l’USTKE.
L’unanimité des forces politiques étant réunie, l’Etat a
donc fait sa sale besogne de nettoyage du Port, ne réglant d’ailleurs en
aucune manière le fond du problème portant sur la préservation des
équilibres économiques et sociaux très gravement menacés par les arrivée
incontrôlées des géants
que sont les compagnies « MAERSK » et « MSC »
respectivement n° 1 et n° 2 mondiaux.
L’USTKE tient à
réaffirmer avec force que ce combat qu’elle a engagé contre les méfaits
attendus de la mondialisation sur le port de Nouméa ne cessera pas, loin s’en
faut, suite à cette intervention sauvage des forces de répression coloniales.
Bien au contraire, cette attaque brutale lui
donne raison dans sa lutte et
renforce encore davantage la détermination de ses adhérents.
Par
ailleurs, l’USTKE condamne avec force les incitations à l’intervention des
gendarmes mobiles et de la police de Paul NEAOUTYNE Président de la Province
Nord et du Bureau Politique du FLNKS par la voix de son porte-parole Victor
TUTUGORO.
Il est désormais clair que ces politicars dits indépendantistes
sont devenus des alliés zélés du pouvoir colonial car cet appel au
concours répressif de l’état français n’est que la dernière illustration de
leurs reniements successifs depuis des années.
Les masques tombent et
toutes les composantes du pays mais aussi au niveau national et international
découvrent petit à petit les véritables visages de ces
manipulateurs.
Depuis zéro heure la grève générale est effective
sur l’ensemble de la KANAKY et il est demandé à tous les adhérents d’être à
l’écoute et de suivre scrupuleusement et activement les mots d’ordre du
Bureau Confédéral.
Le Bureau Confédéral
Communiqué
de presse N°1
Nouméa le vendredi 09 juin 2006